KIEFER

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0007Jérémie Kiefer 9 Couleur

CRÉDIT PHOTO © Sébastien Pillault

 

 

 

 

BIO

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Après une vingtaine d’années d’expériences et d’errances musicales allant du grunge au hiphop, KIEFER présentait en 2014 un premier EP solo, signé sur le label Les Imprudences, petite maison de disques d’Audrey et Bertrand Betsch.

Un quatre titres oscillant entre chanson et folk, hors des sentiers battus. Avec “Manifeste”, son premier album à plus de quarante ans, notre banlieusard nous ouvre son carnet d’exil. Un exil loin de ce que Blessed Virgins nommait Du béton sans prières, loin du Terminus Galliéni, ancienne terre populaire de son enfance aujourd’hui exsangue.
Tel Renaud, Eddy Mitchell ou Lavilliers, KIEFER enrobe le réalisme d’images poétiques et
douces, écrivant des chansons qui se regardent défilant au rythme saccadé de vies qui s’usent et s’épuisent.
C’est depuis sa campagne mancelle d’adoption, qu’il revoit Le thé au Harem d’Archimède
(Mehdi Charef).

THEHAREMARCHIMEDE

Une fois.

Mille fois.

Film miroir de sa propre adolescence, vécue entre brutalité du quotidien, tendresse des amitiés et des amours naissantes, rage sans cause et prise de
conscience.

C’est à cet ado d’alors qu’il décide de s’adresser en commençant à écrire les premières chansons de la série des trois albums à venir, et dont Manifeste est la première partie.
Lui qui a pris son envol, décidant de transformer la colère en carburant, encourage cet
adolescent, l’exhorte à croire en lui, en l’avenir.

En la vie.

Aux autres.

A être ce Manifeste poétique plutôt que politique.

Un acte d’Amour.

Une trousse de secours !

Neuf titres et autant de manières d’interroger le sens de nos vies.  Notre dignité sur Ombre Jusqu’au bout, cet hommage aux héros invisibles du quotidien, l’ambiguïté de nos amitiés sur Sucrée-Bullée ou encore la tendresse comme moteur dans une Conversation, interprétée en duo avec la délicate Pauline Drand.

Dans cet album aux sonorités électro-folk, Manifeste, titre éponyme et central, détonne. Seul morceau enregistré sans guitare, il évolue autour de son refrain fédérateur et simple à la manière du Mano Solo d’International Sha la la.  Articulé autour de son chœur d’enfants, il finit par nous posséder par la magie d’un riff électro entêtant.

C’est à Bertrand Betsch que Kiefer a confié les premières maquettes de Manifeste, en lui laissant une liberté totale sur les premiers arrangements. Ainsi, la guitare folk est reléguée au second plan, au profit des claviers, violons et des percus, donnant des sonorités jazz, world, rock… Les samples de Kiefer issus de sons du quotidien (train, cour d’école…) insufflent l’idée que tout est musique et beauté dès que l’on tend l’oreille et accepte de se laisser emporter.

La cohérence du tout est finalement assurée par le travail de Nicolas Dufournet (Mélodium Studio, Montreuil). En ajoutant des instruments acoustiques, voire vintages, des sonorités influencées par la Blaxploitation (Marvin Gaye, Gil Scott-Heron), il donne à ce disque une patine particulière et intemporelle hors des tics de l’époque.

On retrouvera cette même équipe pour les deux autres volets à venir de cette trilogie : Exode et Racines à paraître.

Stéphanie Berrebi

 

 

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